PRESSE - 4 articles

Nouveauté: Livre 'Thaï' de Patrice Gicquel (sourd)

Pour la vente de ce roman, une partie des droits d'auteur sera resersée à notre association.

- Dos du livre : "Partir à l'aventure, découvrir un pays à l'autre bout du monde, prendre le temps de flâner, d'observer les gens et de humer l'atmosphère, tout le monde en a rêvé un jour ou l'autre. Dans un refuge proche de la mer, le jeune sourd, Erwan, absorbé par la solitude et la tristesse, se met à crayonner, jour et nuit, quelques-uns de ses souvenirs : des histoires de passions, d'amitié, de plaisirs et...d'amour. Avec simplicité et justesse, à travers découvertes, conversations, rencontres et anecdotes, le narrateur nous fait voyager dans un univers fascinant..." -

Il y a plusieurs possibilités pour vous procurer ce roman : - Le commander chez l'auteur qui vous l'enverra dédicacé au prix unitaire de 17 euros + 3 euros de frais de port

Chèque à l'ordre de "Patrice GICQUEL" - 17 rue Victor Hugo - 35310 CHAVAGNE.

- Ou s'adresser à la maison d'édition "EDILIVRE" - 56 rue de Londres - 75008 PARIS (consulter le site de l'éditeur : www.edilivre.com).

Bonne lecture à vous.

 


Reportage d'Echo Magazine sur la journée africaine - publié en octobre 2007


Reportage d'Echo Magazine sur le voyage au Bolivie - publié en décembre 2006


Reportage de Websourd lors de SMES à Montpellier du 11,12,13 novembre 2005

Laurence LESCHI et Thystère MATHA
Notre premier travail consiste à faire de l’information, aussi bien auprès des personnes sourdes qu’entendantes.
Dans les paroisses, après la messe nous sensibilisons les gens sur l’action que nous menons auprès des enfants sourds de façon à obtenir une aide financière. Les personnes les plus sensibles à notre discours nous apportent leur soutien et nous récoltons ainsi des fonds pour notre action.

Notre second objectif est de constituer un dossier nous permettant d’obtenir un financement afin d’acquérir, en priorité, un Bus pour le Congo Brazzaville car les dons individuels que nous avons récoltés jusqu’à présent ne suffisent pas pour financer un tel projet.

D’autre part, nous avons organisé un concours de dessin en 2001 avec tous les établissements d’enfants sourds de France.
Nous avons demandé à ces enfants de nous présenter sous forme de dessin la façon dont ils voyaient l’Afrique.
Nous avons reçu 80 dessins et nous avons sollicité 12 personnes sourdes pour qu’ils constituent un jury et qu’ils retiennent 12 dessins pour en faire un calendrier pour l’année 2006.

Nous sommes allés au Congo Brazzaville pour voir quelle était la situation de ce pays. C’est un pays qui a connu la guerre et celle-ci a laissé des traces considérables.
Les établissements scolaires étaient en piteux état, très dégradés.
Notre séjour s’est plutôt bien déroulé mais le constat que nous en tirions était qu’il y avait un grand chantier à mener dans ce pays et beaucoup de manque à combler.
Nous nous sommes dit qu’il ne fallait pas en rester là et qu’il fallait vraiment faire en sorte que les choses se développent au Congo.

C’est une bonne question. Vous savez, j’y pense depuis toute petite mais ce n’est pas facile de s’y lancer seule et il me fallait quelqu’un de motivé pour m’accompagner dans cette tâche.
J’ai rencontré une personne nommée Pierre LABADENS qui lors d’un séjour touristique au Burkina Faso, a constaté dans quelle situation était ce pays.
Notre rencontre a été très constructive et nous nous sommes dit qu’il fallait que l’on construise quelque chose ensemble.
Puis, Thystère nous a rejoint et nous a exprimé son désir d’aller aider les enfants sourds de son pays.
C’est comme cela qu’est née notre association.

Depuis qu’on avait quitté l’Afrique avec Romuald, on avaient pas cessés de penser à ceux qui étaient restés là-bas et qui n’avaient pas eu notre chance de venir en France. On avaient vraiment envie de faire quelque chose pour eux, de les aider.
Alors, après s’être installé en France et y avoir plutôt bien réussi notre vie, nous souhaitons vraiment trouver le moyen d’y retourner et d’y apporter notre soutiens.
Ensuite, j’ai rencontré Laurence et Pierre, par hasard, et c’est là qu’est née l’idée de créer cette association (Comité Tiers Monde) pour apporter notre aide au Congo Brazzaville car c’est un pays que nous connaissons déjà en Afrique.

Moi, je suis allé à plusieurs reprises en Afrique Noire où il y a des écoles pour enfants sourds.
A mon arrivée, lorsque ces enfants sourds m’ont vu, ils pensaient que j’étais un sourd américain et quand je leur ai dis que j’étais français, j’ai vu leurs yeux se remplir d’émotion.
C’est là que je me suis rendu compte qu’il fallait vraiment faire quelque chose et qu’il fallait multiplier ce type d’expérience.
Je suis allé principalement dans des pays en voie de développement rencontrer des sourds et pour qu’un lien fort soit créé entre nous.

Publié dans http://www.websourd.org


Laurence : une présence apaisante.

Qu'il pleuve, qu'il neige, qu'il vente, Laurence, sourde et hémiplégique, trace doucement son sillon, loin des fracas et des bruits de Paris...

Regardez Laurence nous rejoindre : elle avance d'un pas assuré et ses yeux scrutent attentivement les environs. Car depuis toujours, elle n'a que ses yeux pour entendre, pour repérer les voitures et autres dangers qui guettent les habitants des grandes agglomérations.

Ses parents vivaient au Brésil quand elle est née. Nous sommes alors en 1965, à Belem au nord du pays. La naissance est difficile et sa mère découvre rapidement l'hémiplégie puis la profonde surdité de sa petite fille. La famille assume, non sans peine mais avec résignation, sans dramatiser. Et tous les étés, quand ses parents viennent en vacances en France, ils amènent Laurence chez une excellente orthophoniste qui lui apprend à parler. Quand vient la fin des vacances, qu'il est temps de retourner au Brésil, l'orthophoniste communique un programme d'exercices que Laurence réalisera pendant l'année avec sa maman. Pour ses cinq ans, ses parents décident de revenir en France afin qu'elle soit scolarisée dans un établissement spécialisé, au SIPSA d'abord puis au Cours Morvan. Laurence restera dans ce circuit spécialisé jusqu'à l'obtention de son baccalauréat. Sourde parmi les sourds.

Il n'y a qu'à la maison qu'elle rencontre quelques entendants : la famille et les amis de son grand frère avec lesquels elle oralise tant qu'elle peut. Son élocution n'est pas toujours claire pour qui ne la connaît pas bien, mais Laurence est tellement inscrite dans un processus de communication qu'elle crée des liens avec bien des amis. Son sourire, son dynamisme, sa bienveillance et sa spontanéité sont toujours là, au service de son entourage. Comme Laurence est confiante dans la vie, elle inspire à son tour une grande confiance. Bachelière sans vocation précise, elle hésite entre plusieurs directions, et s'inscrit finalement en fac d'Histoire, à l'Université Paris VII à Jussieu. "Au début, quand je disais que j'étais sourde, je me suis aperçue que bien des étudiants s'enfuyaient. Alors j'ai décidé de dire que je n'entendais pas et qu'il fallait que je voie pour entendre ! Cela passait beaucoup mieux. Je suis restée 5 ans à la fac, grâce à l'aide de mon père qui transcrivait mes cours enregistrés. C'étaient mes cinq premières années dans le monde des entendants, un monde que je ne connaissais pas du tout, que je découvrais".

Laurence décroche alors une maîtrise d'histoire avec un mémoire sur les explorateurs français en Afrique. "C'est dans cette période que j'ai rencontré plusieurs étudiants sourds et participé avec eux, en 1989, à la création de la première association des étudiants sourds et malentendants (AESM), afin de créer une solidarité et de lutter contre la solitude et les difficultés que rencontrent les personnes sourdes à l'Université. C'est en qualité de secrétaire de l'AESM que j'ai rencontré Philippe Féret, alors élève- ingénieur, d'où ma participation à son site internet, Visuf, grand forum des personnes concernées par la surdité ou la malentendance".

Sa Maîtrise d'Histoire en poche, Laurence ne sait quelle carrière embrasser : documentaliste, bibliothécaire, professeur ? Elle tente d'obtenir le CAPEJS (Certificat d'Aptitude Professionnelle à l'Enseignement aux Jeunes Sourds) mais échoue. Elle assure alors des remplacements d'éducatrice au CEOP (Centre Expérimental Orthophonique et Pédagogique) avant de rentrer à l'école de formation en psycho- pédagogie pour devenir éducatrice spécialisée. Au programme : trois ans de formation pour les personnes entendantes... mais quatre pour les étudiants sourds et malentendants !

Laurence n'est pas amère. "Je suis devenue philosophe", dit- elle. Les obstacles, les difficultés, les routes barrées et les portes fermées n'ont pas entamé son sourire, toujours aussi sincère. Elle ne sait rien de ce que l'avenir professionnel et personnel lui réserve mais elle est prête à tout envisager. Pour l'instant, elle se concentre sur ses cours et sur l'association humanitaire qu'elle vient de fonder avec une équipe de personnes sourdes et entendantes : Le comité Tiers- Monde Sourd, pour tenter un rapprochement et une solidarité entre sourds de France et sourds de la République du Congo (ex Congo- Brazzaville). Pour commencer...

Véronique Gaudeul, mai 2001
Publié dans http://www.yanous.com